Nous sommes mûrs pour les toits verts !

Faire des économies d’énergie et embellir le paysage, c’est possible avec les toits végétalisés. Et ça fait plus de 10 000 ans que ça dure.

En hiver, 30 % des déperditions de chaleur se font par le toit. En été, tout le monde a déjà souffert au moins une fois de la canicule à cause de combles mal isolés. Une toiture végétalisée agit comme un véritable climatiseur naturel. Ce n’est donc pas un hasard si des humains en ont eu l’idée dès le néolithique. Les peuples du Nord y avaient recours pour se protéger du froid. Les Indiens navajos en faisaient quant à eux usage pour se prémunir de la chaleur.

La France passe au vert

La végétalisation des toitures est aujourd’hui une activité en pleine expansion. D’après les chiffres de l’Adivet (Association française des toitures et façades végétales), la France est désormais l’un des premiers pays au monde à mettre ses toits au vert. En 2018, l’hexagone totalisait plus de 10 millions de m2 de toits végétalisés. Et ce chiffre gonflerait de 1,2 à 1,3 million de m2 chaque année.  Il faut dire que les nombreux atouts de ce régulateur climatique naturel ont de quoi séduire les villes et leurs habitants.

Une cascade d’atouts
L’un des premiers atouts des toits végétalisés est de simplifier la gestion des eaux pluviales. Le substrat nécessaire à leur épanouissement absorbe l’eau, et la libère ensuite plus lentement. Ce qui réduit considérablement les risques d’inondation. Autre atout non négligeable : la réduction des ilots de chaleur en zone urbaine. Qui a déjà traversé le quartier de La Défense à Paris en plein été ne peut qu’applaudir. Plus de toits végétalisés, c’est aussi plus de biodiversité. À l’heure où la science s’inquiète, à juste titre, de la raréfaction des oiseaux, des abeilles et des papillons, tout ce qui peut leur servir de refuge est à encourager. 

Potagers d’altitude
Qui dit verdure dit légumes ! Un toit végétalisé peut donc aussi devenir le terreau d’une production urbaine de fruits et légumes. Oui, on peut faire pousser des salades et des tomates sur les toits des immeubles, et ce avec des rendements dignes de l’agriculture biologique. Cela suppose toutefois un substrat deux fois plus épais qu’un toit végétalisé standard, ainsi qu’un encadrement technique rigoureux, pour d’évidentes questions de sécurité. Il n’en reste pas moins qu’à l’avenir, pour bien manger en circuit court, il suffira peut-être de passer par les toits…