La ville version archi verte

Quand verdure et architecture se mélangent sans que l’une supplante l’autre, cela donne des espaces urbains où il fait bon vivre. Tour d’horizon de quelques réussites.

S’il y a bien un endroit où les citadins pressés apprécient de s’immerger dans un écrin de verdure, c’est Paris. La capitale française vit à cent à l’heure et le métro n’est pas, à proprement parler, un havre de paix. Ce n’est donc pas un hasard si la ville regorge de parcs et de squares de toutes tailles. Mais il y a encore plus spectaculaire et ressourçant : la coulée verte René Dumont du 12e arrondissement.

Véritable innovation architecturale et paysagère, la coulée verte fut, en 1988, le premier espace vert au monde aménagé tout en longueur et en hauteur, le long du tracé de l’ancienne ligne ferroviaire de Vincennes. Une Promenade plantée, son autre petit nom, de 4,5 kilomètres, dont une bonne moitié surplombe en effet de sept mètres le tohu-bohu des rues.

Cette balade unique et bizarrement méconnue des parisiens comme des touristes, relie le Viaduc des Arts, à proximité de l’Opéra Bastille, et le square Charles Péguy. Vous y croiserez tour à tour des immeubles haussmanniens et des constructions plus modernes. Vous traverserez un pont suspendu au-dessus du Jardin de Reuilly, puis un tunnel agrémenté de petites fontaines. Vous y apprécierez, les jours de forte chaleur, l’ombre de bouleaux, de pins et de chênes centenaires.

On qualifie aujourd’hui ce type d’aménagement de parc linéaire. C’est moins poétique qu’une coulée verte, mais il se trouve que de nombreux espaces similaires s’en sont inspirés de par le monde. À commencer par la High Line de New York, qui investit sur 2,3 km, en 2009, une portion désaffectée des anciennes voies ferrées aériennes du Lower West Side.

Faire entrer la nature en ville
La végétalisation des villes n’est toutefois pas que rectiligne. Elle prend aussi de la hauteur. C’est le cas du Parc Habité d’Arenc, construit sur les anciennes friches industrielles de ce quartier marseillais. La ville avait besoin de nouveaux logements et de bureaux, tout en faisant preuve d’exigence sur le plan environnemental. C’est chose faite avec plusieurs promenades plantées et constructions rythmées par des jardins privés visibles depuis la rue. Ceci n’étant que la partie émergée de l’iceberg. En effet, pour lutter contre le réchauffement climatique, tout le quartier est alimenté en énergie durable par l’une des premières centrales de géothermie marine de France. C’est le vert et le bleu qui se rejoignent en zone urbaine.

Et puisqu’on parle de couleurs, parmi les points culminants de ce quartier en pleine renaissance, difficile de manquer une tour tricolore de 135 mètres, La Marseillaise, qui se dresse face à la mer. Bleue comme la mer et le ciel, blanche comme les nuages qu’elle tutoie et les roches des calanques, rouge comme les toits en tuile de la cité phocéenne, elle est signée du célèbre architecte Jean Nouvel. Elle démontre que l’architecture elle-même, sans nécessairement déborder de verdure, sait rendre hommage à la nature qui l’entoure.